« Appelez -moi Li Lou » de Cynthia Sardou

Appelez-moi Lilou
En ce moment, je lis beaucoup de livres de témoignages, de témoignages féminins.
Le dernier en date, c’est donc le livre de Cynthia Sardou, la fille de Michel  Sardou.Cynthia a la mauvaise idée de naître fille au moment même où la maîtresse de son père, Michel Sardou, donne à ce dernier Romain, le fils tant désiré. Enfant de divorcés, longtemps oubliée par son père, aimée de loin par sa mère, battue et humiliée par son beau-père, elle trouve un certain réconfort auprès de Jackie Sardou, sa grand-mère paternelle qui sait l’écouter et la réconforter de sa gentillesse et de sa bonne humeur. Promise à une grande carrière journalistique, tout bascule un soir de Noël, quand trois voyous la braquent dans un parking, l’enlèvent et la violent successivement, le tout sous la menace d’une arme. Mais au-delà de son histoire personnelle, Cynthia Sardou, évoque en détail les coulisses des médias et du show-biz.Cynthia & Michel SardouCynthia nous raconte des choses terribles. Elle nous fait le portrait d’un Michel Sardou au caractère insaisissable, un homme qui, après l’agression de sa fille, ne trouve rien de mieux à lui dire que: « Tu sais ce qu’il te reste à faire. », signifiant par là qu’elle doit oublier tout cela au plus vite, et redresser la tête. Bien sûr, il faut essayer de vivre avec un tel traumatisme, et ne pas se laisser abattre, mais ce n’est peut-être pas la première chose qu’on a envie d’entendre.
D’autre part, il ose comparer la rude épreuve qu’a été le procès des agresseurs de Cynthia pour celle-ci à un procès engagé contre une maison de disques.
D’un autre côté, il peut se montrer aimant. Lorsque Cynthia l’appelle, en larmes, à bout de nerfs, et lui dit qu’elle a été agressée, il se précipite à l’hôpital, a un accident sur le trajet, accident dont il ressort la mâchoire à moitié cassée, et se précipite pour voir sa fille, sans se préoccuper de sa fracture.
En gros, on ne sait jamais sur quel pied danser, en ce qui le concerne, si l’on en croit Cynthia.
Elle nous parle également de Jackie Sardou qu’elle nous présente comme quelqu’un de pétillant, de dynamique, de toujours prêt à rire.
Le lecteur compatit lorsqu’il lit l’enfance solitaire de Cynthia, la façon dont son beau-père la traite…
Lorsqu’elle raconte son agression, elle n’épargne aucun détail au lecteur. Cela nous montre le calvaire qu’elle a vécu dans toute son horreur. Et si le lecteur frémit à ce récit, il faut imaginer qu’elle a subi tout cela, qu’elle devra vivre avec le reste de sa vie.

Mais Cynthia est une battante. Malgré les embûches et cette agression qui jalonnèrent sa vie, elle parvient à s’en sortir. Ce qu’elle nous raconte est une belle leçon de courage. L’esprit de sa grand-mère la suit tout au long de sa vie. Parfois, c’est le souvenir de Jackie Sardou qui la fait avancer. Et la lettre que lui écrit sa mère, lorsqu’elle est aux Etats-Unis est un moment très émouvant. Donc, même si je continue à dire que c’est facile d’écrire un livre sur sa vie lorsqu’on est connu, je pense que ce livre vaut la peine qu’on s’y attarde. Il peut redonner espoir et courage. Je vous le conseille donc.

De plus, j’ai des points communs avec elle.
Comme elle, j’ai  un père artiste qui est célèbre dans son pays.
Mon père, Dina Bell, est l’un des grands chanteurs de Makossa tres aimé au Cameroun. Je ne dirais pas que c’est un bon père.
Il a plutôt était un père absent à l’africaine, c’est la mère qui s’occupe des enfants.
Donc quand Cynthia parle de Sardou, je comprend tres bien ce qu’elle veut dire , c’est pourquoi sa vie aussi me touche.
Comme elle, j’ai de serieux problèmes avec ma mère.
Je crois d’ailleurs qu’un jour, j’écrirai mon livre pour me soulager et témoigner comme elle.

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